Le confinement des oublié·e·s

Loin des applaudissements à 20h, des craintes économiques pour le futur, du bouleversement de nos petites vies quotidiennes, de la perte accélérée et douloureuse de nos aîné·e·s… il se joue aussi et surtout un drame social. Une catastrophe humaine.

Ce minuscule virus rend visibles les invisibles qui sont aujourd’hui les seuls à arpenter les rues de nos villes. Comment rester chez soi quand on n’a pas de chez soi ? Ils et elles errent sans plus aucunes ressources. Les associations – qui peinent déjà toute l’année à les accompagner dans cette lente agonie – ferment leurs portes les unes après les autres, faute de moyens, de personnel ou tout simplement de matériel.

La tension monte. Les gens ont faim.

J’ai décidé de partager ces quelques images pour témoigner mon profond sentiment d’impuissance. Mais surtout mon IMMENSE respect pour mes collègues de terrain. Ils et elles sont là, chaque jour, pour continuer à faire le maximum, en maison d’hébergement temporaire comme au centre d’accueil de jour – restaurant social. Souvent pas dans les meilleures conditions ; en prenant des décisions à contre cœur ; en mettant de côté le travail psychosocial de fond parce que là, c’est l’urgence absolue ; en fermant les yeux sur leurs idéaux ; en tenant bon parce qu’il le faut, parce qu’ils et elles ont choisi ce métier par engagement, militantisme et pur altruisme.

À 20h, je pense à vous. Et tout le reste de la journée aussi.